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Anticipation

L'intérêt des feintes : perturber l'anticipation
Extrait d'un article de J.P. Famose, "Le fonctionnement d'un acte moteur efficace et efficient". Mémento de l'éducateur sportif du premier degré, INSEP, 1991


    Le sport est, dans une très large mesure, un jeu de probabilité. Dans la plupart des situations de jeu collectif par exemple, l'efficacité du comportement est directement liée à la justesse et à la rapidité des décisions prises par les joueurs, en fonction du comportement le plus probable des partenaires et adversaires.
    Il s'ensuit que l'un des buts recherchés sera de provoquer chez l'adversaire, soit une décision erronée, soit une augmentation du temps nécessaire à la sélection de la meilleure réponse.
    Autrefois le smash en volley-ball était systématiquement préparé par une passe haute, parallèle au filet : un des joueurs de l'équipe en attaque s'avançait, sautait, puis rabattait le ballon rapidement de l'autre côté du filet. L'événement était relativement prévisible et le plan d'action, pour y répondre, était simple.

    Dans les compétitions de haut niveau, on constate, actuellement, que deux, voire trois attaquants sautent pour se préparer à l'éventualité de recevoir la balle du passeur. La défense adverse doit faire face à plusieurs possibilités de smash qui ont toutes trois la même probabilité de se produire, ce qui la gêne pour concevoir rapidement un plan d'action précis.

    En escrime, la meilleure stratégie consiste à réaliser une attaque non prévisible. C'est ainsi qu'un maître d'armes conseillait à ses jeunes compétiteurs de ne pas réutiliser immédiatement une attaque qui venait de leur rapporter un point. L'adversaire, en effet, aurait vite fait de trouver la parade après quelques assauts (échanges). La stratégie consistait, au contraire, à garder cette attaque en réserve et à ne l'utiliser que dans un moment critique, par surprise.