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Complexité
informationnelle

Etude des décisions sportives en laboratoire et / ou sur le terrain ?
Extrait d'un article de J.J Temprado, "Prise de décision en sport : modalités d'études et données actuelles". Revue STAPS, vol. 10, n° 19, février 1989


  La prise de décision, en actualisant le passage de l'état observateur à celui d'acteur dans la situation, traduit l'interaction entre les caractéristiques de la tâche (incertitude, pression temporelle, précision requise...) et l'activité de traitement de l'information à l'issue de laquelle est produite la réponse.
    Cela sous-entend que les conduites ont une cohérence qui dépend des mécanismes de saisie, conservation et transformation des connaissances ou de l'information issues de la tâche et des mémoires du sujet. Ainsi, l'étude des processus de décision suppose la prise en compte des paramètres de l'environnement, du contexte et du sujet lui-même.

    Payne (1980) emploi le terme de " comportements décisionnels contingents " pour exprimer l'idée que les processus cognitifs impliqués dans les décisions ne sont pas invariants et dépendent du traitement de l'information propre à la tâche.
    Pitz et Sachs (1984) affirment que ce qui est signifiant pour les cognitivistes c'est le contexte dans lequel s'effectue la prise de décision.

    Ceci pose le problème de la liaison entre terrain et laboratoire, ainsi que celui de l'application des résultats du laboratoire aux situations sportives réelles.
    Selon Wallsten (1980), il serait erroné de croire qu'il existe un petit nombre de lois déterminant les comportements décisionnels, qui pourraient être découvertes en laboratoire et appliquées directement aux décisions dans le monde réel. De sorte que laboratoire et observation en situation doivent se situer dans une perspective dialectique.
    Ce problème des rapports entre le milieu réel et l'étude en laboratoire préoccupe les psychologues qui tentent de la résoudre en adoptant des démarches dites " écologiques ". Les partisans de ce type d'approche pensent que ce qui est gagné en précision dans le laboratoire est perdu en signification humaine du problème étudié et que la compréhension authentique du sujet agissant est sacrifiée au profit de la certitude des résultats (pour une revue, Gibbs, 1979).
    Authenticité et certitude se présentent comme deux pôles de la recherche, l'expérimentation écologique aurait pour but d'établir un compromis entre les deux. La réduction de la recherche aux seuls problèmes manipulables en laboratoire la rendrait rapidement triviale mais la gestion des conditions permettant la démonstration lorqu'on se rapproche du contexte réel n'est pas une chose facile.