Sélection et organisation
des informations

Sources d'information utilisées en préparation au coup de l'adversaire en sqash
Extrait d'un article de C. Alain et C. Sarrazin,"Prise de décision et traitement de l'information en squash". Revue STAPS, vol. 6, n°12, décembre 1985


      A la question 1 du questionnaire, les joueurs D étaient invités à indiquer les sources d'information qu'ils avaient considérées avant le coup frappé par leur adversaire.
    Seuls les coups pour lesquels le joueur D a rapporté avoir essayé de prédire le coup de l'adversaire ont été étudiés.
    Un examen des résultats a révélé qu'une seule source d'information a été utilisée dans moins de trois pour-cent des cas : l'intensité et la nature du bruit résultant du contact balle-raquette.
     Le tableau 2 présente la fréquence avec laquelle les sept sources d'information restantes ont été considérées par le joueur D.

    L'examen du tableau 2 révèle, que deux des indices les plus fréquemment utilisés proviennent de la mémoire à long terme : les habitudes de jeu de l'adversaire (79,4 %) et son habileté technique (51,7 %). C'est comme si les premiers indices offerts par les conditions actuelles de jeu viendraient activer en mémoire d'autres informations qui, en retour, pourraient servir à déclencher un processus de "feedforward" via lequel la succession probable des événements est tirée de la mémoire et déployée avant qu'ils ne surviennent. L'invariance de certaines séquences d'événements, une fois découverte et entreposée en mémoire, peut être utilisée pour anticiper et orienter le traitement subséquent de l'information. Sur ce point, les résultats d'une étude de Bouet (1983), qui a comparé la stratégie cognitive utilisée par des pilotes experts en vol à voile à celle employée par des débutants, sont particulièrement révélateurs. Il a pu confirmer que l'expert "navigue en avant de son vol" par opposition aux pilotes de moins grande expertise qui exercent une conduite au coup par coup.